Elle m'a vue pleurer.
Des doutes, des remords, des blessures et des secrets.
Elle m'a vue me perdre et me gagner, tomber et me relever. Je cherchait, comme tout le monde ; me blessais, comme tout le monde ; doutais, comme tout le monde. Comme tout le monde qui ne ressemblait à rien. Je faisait le métier de toutes les attractions et de toutes les répulsions, le métier du jeu et des mensonges. Le métier des sombres miroirs qui reflètent tant de vérités
Elle m'a vue révoltée.
De la bêtise des hommes, de leur duplicité, de leurs mensonges.
Elle m'a vue prier à l'heure des joies et des blessures. Revendiquer ma solitude et mes amours. Me parler, me raconter l'histoire, un rêve, un avenir, une autre vie, un autre métier. Les blessures étaient profondes à la mesure du jeu et des protections cadenassées. Une apparence qui révélait tout, de rien. Au c½ur des nuits profondes et de l'ennui, il y avait bien au fond un peu de lumière, un peu de vie.
Elle m'a vue sourire.
De la tendresse, de l'affection, de la douceur et des regards.
Elle a croisé ma quête, mon besoin de sens et mes désillusions. Elle a croisé mes impuissances. La proximité d'un c½ur qui s'ouvre et reste fermé. Elle a confié à l'Unique le sens de mes questions. Il m'a répondu, une fois, à l'aurore des aubes : de ton silence naîtra la lumière de tes mots. Je connaissais le chemin, j'ignorais la musique. Au loin me parvenait l'appel du dernier, du cinquième rendez-vous. J'ai écouté, j'ai entendu. Du fond de mon c½ur son sourire m'a répondu.